-______Il fait beau dehors. A vrai dire, non, mais ça n'a pas d'importance. La pluie tambourine sur les vitres, mais personne ne le sais, car personne ne l'écoute. Il y a là ce jeune garçon au regard lointain qui n'a que faire du vacarme présent dans la pièce. Lui seul la regarde. Certains parlent, des projectiles à la forme incertaine traversent la pièce, et parmi ceci, quelques rares élèves écoutent ce jeune professeur s'épuiser à sa tache et tenter de leur apprendre quelque chose. Futiles sont les songes du beau rêveur, et il reste étranger au monde qui l'entoure, dans une sombre bulle musicale. Il fredonne des paroles inintelligibles, mais magnifiques. Elles ont pourtant un destinataire, celui qui le hante depuis des jours et des nuits. Surtout des nuits. Il vois cette pluie s'écouler, mais ne la regarde plus. Son regard est là où son esprit est, loin de cette salle aux airs d'hôpital et ses pensionnaires. Mais même le vacarme présent dans pièce n'aura pas raison du cri strident de la sonnerie.
___Adam,c'est son nom, sort comme toujours en dernier. Il n'est pas pressé, range minutieusement ses affaires, referme son sac, avant de sortir d'un pas lent, un sourire moqueur sur ses lèvres, sous le regard exaspéré de l'enseignant. Il a trop de choses en tête et se fait plusieurs fois bousculer. Mais peu lui importe, aujourd'hui ne sera pas un jour ordinaire. Il le sent. Il le sais. Il ne prends pas la peine de se couvrir, et aussitôt ses longs cheveux bruns se plaquent sur son visage. Il sait parfaitement qu'en faisant ça il rentrera trempé jusqu'aux os, et c'est justement ce qu'il recherche. Parce qu'une fois entré, Kélian le regardera agacé et pourtant inquiet, et après une nouvelle leçon de morale sur son inconscience, lui donnera un de ses hauts pour ne pas qu'il attrape mal. Et ce vêtement aura son odeur... Il n'a pas froid. Il ne fait pas froid. Nous sommes bientôt en été, et l'orage approche. La pluie est de plus en plus forte, mais il a peu de trajet à parcourir, puisqu'il ne rentre pas chez lui. Comme presque tous les rois depuis plusieurs semaines déjà. Et tout ceci le préoccupe. Adam se sent toujours plus différent quand il rentre chez lui après être venu ici. Et aujourd'hui il le sait, sera un jour particulier. Il s'est promis une chose, quoi qu'il se produise ce soir, personne n'en saurait jamais rien. Un secret à jamais gardé entre eux deux. Un de plus. Il n'appréhendait pas ce moment, au contraire, il était presque impatient. Une impatience toute de même mêlée cette nervosité caractéristique à l'arrivée d'une nouvelle première fois. Et s'il s'était trompé ? Peut être avait-il mal interprété tous ces évènements. Et pourtant, pourtant....
___Tout en montant sur le perron de cette petite maison verte, d'un style purement américain, balancelle incluse, il arrange comme il peut la masse informe de ses cheveux. Mais en voyant son reflet dans porte vitrée, il se rends bien compte qu'il n'y a plus rien à faire. Il sait pertinemment qu'il peut entrer, mais pourtant comme toujours frappe à la porte. Et comme toujours, la porte s'ouvre brusquement sur le sourire rieur de Kélian. « Combien de fois vais-je devoir te répéter de d'entrer sans frapper ? Dis-moi ? » Adam ris tout en détournant la tête pour cacher la soudaine coloration de son visage. « Chaque fois que je frapperais à ta porte. Donc chaque fois que je viendrais te voir. » Kélian secoua vigoureusement la tête de gauche à droite, avant de s'effacer pour laisser entrer son ami. Adam se sentait bien ici, envahis par cette odeur reconnaissable entre milles, proche de celle du thé aux fruits rouges, mais avec également celle du parfum de Kélian, meilleure d'entre toutes. « Je vais te chercher des affaires, tu vas attraper la mort ! » Adam réprima un nouveau sourire. Une fois sa veste suspendue à l'entrée, il s'avança jusqu'au salon, et attendis admirant l'écran de télévision. Une fois redescendu, Kélian lui tendis quelques vêtements secs. Sans échanger un mot, Adam enleva T-shirt puis pantalon pour remplacer le tout par de nouvelles affaires récemment lavées à en juger par la légère odeur de lessive dont ils sont imprégnés. Kélian se retourna soudainement pour aller préparer quelque peut les lieux : boissons, aliments divers. Mais surtout pour masquer le trouble soudain dont il fut la victime. Il rejoignis peu de temps après Adam sur le canapé, tout en lui tendant une manette, un sourire aux lèvres. Adam admira quelque secondes sont adversaire, angélique ennemi. Ses yeux gris, ses cheveux clair qui lui arrivaient à la nuque, ses traits fins, ses lèvres...
___Ainsi le temps passa. L'ambiance, au départ étrange, se détendit, et le silence gênant fut rapidement remplacé par les éclats de rire des jeunes garçons. Ils enchainaient niveaux de jeux, paquets de bonbons et autres boissons diverses et variées avec autant d'entrain que des enfants en période de Noël dans un magasin de jouet. Mais quelques coups partirent, déconcentrant l'adversaire. Exaspéré, Kélian en eut assez de ces tricheries et cessa soudainement la partie. Attrapant le poignet de son compagnon de jeu, il dit que si c'était comme ça, il n'avait qu'à partir. Adam regarda le sol, innocemment, il ne voulait pas partir. Et Kélian ne voulait pas qu'il parte. Celui-ci desserra sa poigne, mais Adam, l'air de rien, glissa sa main dans celle de son désormais ex-geôlier. Leurs doigts s'entremêlèrent. Leurs regards embarrassés de croisèrent, et le brun rougis, bredouilla quelques excuses, pendant que son alter ego détournait la tête. Alors Adam, pour se faire pardonner, s'approcha et embrassa sa joue. Leurs lèvres s'effleurèrent l'espace d'un instant. Une manette tomba. Réalisant ce qu'il venait de se produire, ils s'écartèrent en rougissant.
______L'autre joystick chuta.
___Leurs mains se joignirent, leurs lèvres se rencontrèrent. Avides d'un corps qu'ils découvraient à peine, l'assurance les gagnait et leurs baisers se multipliaient. L'attente fut trop longue, le jeu est désormais terminé. Leurs lèvres rougies s'écartaient pour mieux se redécouvrir. Leurs souffles saccadés emplissaient la pièce de cette atmosphère propre à la passion fulgurante qui les a surprise, Adam jouait avec le Tee-shirt de son désormais amant, le faisant frissonner de ses gestes incertains. Il se recula. Avaient-ils été trop loin ? Il n'osa rouvrir les yeux, trop honteux.
___-_«- Je...
___-_ - Ne dis rien !»
___Il ouvrit les yeux. La vision de Kélian, un doigt sur sa bouche, cheveux en batailles, lèvres entrouvertes, le détaillant amoureusement lui coupa le souffle. Aucun doute n'était permis.. Il captura ses lèvres dans un soudain élan de passion. Son haut termina au sol. Celui de son amant l'y rejoint rapidement. Leurs mains avides de découvertes parcouraient lentement le corps de l'autre. Tout n'était que frissons, soupirs, baisés tendre et amoureux. Presque nus désormais, ils s'enivrèrent encore, et encore. Besoin de l'autre, de toucher, de ressentir. Pour ne jamais oublier son odeur, la douceur de sa peau, la texture de ses lèvres, la beauté de ses yeux posés sur vous, la tendresse de ses mots d'amour. Il n'est rien de plus précieux que ces fugaces passions volées à leurs c½urs.
___La nuit était tombée depuis longtemps alors qu'une voiture se garait devant la maisonnette, comme chaque soir à la même heure. En quelques secondes ils furent habillés, recoiffés comme ils le pouvaient, et jouaient à nouveau. Ce soir la, pour n'importe qui d'autre, il ne se serait rien passé. Mais pour eux, ce furent les minutes les plus palpitantes de leurs vies. Et ce n'est pas forcément facile à cacher.